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 PRAGUE (RÉPUBLIQUE TCHÈQUE) [19.03.12] – Condamné pour ses interventions illégales dans l’espace public, le street artist Roman Týc est soutenu par des Praguois qui poursuivent son œuvre en guise de protestation.

Dans la mouvance de l’art contextuel, l’artiste tchèque Roman Týc intervient depuis une dizaine d’années dans l’espace urbain. Il y modifie des éléments, comme en 2007 lorsqu’il utilise des pochoirs pour déformer les traditionnelles silhouettes rouges et vertes des feux de signalisation. Unijambiste, crucifix, hommes déféquant ou pendus à une corde, sont autant de détournements qui ont agrémenté une cinquantaine de feux de la ville de Prague. Et si la population semble avoir goûté cet humour noir, la mairie de la capitale tchèque condamne quant à elle l’artiste à verser deux contraventions, l’une pour dommages et intérêts, l’autre comme amende civique.

D’accord pour rembourser les « dégradations », l’artiste s’oppose à l’amende qu’il juge « vide de sens ». La justice lui impose alors un emprisonnement. Et comme Socrate devant la ciguë, l’artiste héroïque se décide à lui faire face. « Je veux porter la responsabilité de mes actes, dans le cadre de notre système de valeurs, afin que les gens, à travers moi, aient la possibilité de juger le système et de se rendre compte de son absurdité » a t-il déclaré.

Pensait-il être si bien entendu ? Depuis son arrestation, une nouvelle pratique artistique se développe le long des routes de République Tchèque. À leur tour, certains citoyens modifient in situ les silhouettes des feux tricolores. Pour symboliser la « répression » du système judiciaire à l’encontre d’un street artist qui passe pour une innocente victime, certains Tchèques placent depuis des autocollants noirs sur les têtes des fameuses figurines rouges et vertes, les guillotinant. La parabole est claire : c’est la liberté d’expression qui est décapitée.

Membre de Ztohoven, un groupe d’artiste plutôt contestataire, Roman Týc n’est pas un inconnu. Se posant comme le défenseur de la parole vraie, le collectif attaque à la manière des Yes Men la supposée supercherie des discours médiatiques. Leur ambition ? Montrer l’État comme une « machine bête et répressive ». Un discours qui semble trouver écho au sein de la population tchèque.
 (source : http://www.lejournaldesarts.fr)

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